La rétrospective chamboule-tout : Agir ou subir, il faut choisir (partie 2/7)

En 2013, j’ai été invité à co-écrire le tome 2 de Rupture Douce, une aventure créée par Laurent Sarrazin.
Dans ce livre, vous y trouverez des histoires de transformations agiles, des expériences humaines, des idées pour évoluer dans son organisation et son environnement professionnel.

Dans cette série de 7 billets, je vous partage ma contribution à ce deuxième tome : « La rétrospective chamboule-tout »

  1. Teaser et présentation de l’histoire
  2. Agir ou subir, il faut choisir
  3. Mêmes joueurs, jouent (tous) encore
  4. Apprendre à viser juste
  5. Apprendre à viser seul
  6. Apprendre à s’améliorer à viser
  7. Epilogue

L’écriture de Rupture Douce est bénévole et les résultats des ventes sont reversés à une association. Vous pouvez acheter le tome 1 et/ou le tome 2.
Le tome 3 est en cours d’écriture et devrait paraître courant 2014.

Chapitre 2 – Agir ou subir, il faut choisir

Cette histoire démarre avec une équipe qui se connaît bien :

  • Antoine : pas vraiment développeur, ni vraiment chef de projet, ni vraiment Scrum Master. Il est toujours motivé et omniprésent. D’ailleurs, quand il est en vacances on voit la différence ! Dans son quotidien il fait en permanence le grand écart entre les services de maintenance, la MOA, son management l’équipe de développeurs et l’exploitation. De temps en temps, pour se détendre, il aime bien développer un petit script pour aider l’équipe,
  • Marie : développeuse et intégratrice Web, elle aime le travail bien fait. Elle est réputée pour avoir un sacré caractère, un peu grincheuse mais elle sait rester juste,
  • Sandrine : toujours souriante, Sandrine est une jeune développeuse arrivée en même temps que Marc. Elle aime bien programmer sur des robots mécano le soir à la nuit tombée,
  • Etienne : d’un naturel plutôt calme et réservé, Etienne c’est la référence technique de l’équipe, toujours disponible, il prend toujours le temps nécessaire mais souvent au dépend de son propre travail,
  • Marc : développeur Java récemment embauché, Marc est d’un naturel (très) timide,
  • Thierry : parfois colérique, parfois absent, en tant que développeur il en a vu passer des projets. Au fil du temps il a développé un niveau d’exigence très poussé,
  • et Eric le Product Owner (aussi appelé PO dans cette histoire) : il n’a jamais codé une ligne de sa vie. En fait, il a découvert l’informatique il y a 3 ans après une reconversion professionnelle. Ancien responsable de communication dans le domaine logistique, il s’est lancé dans le Web à corps perdu. Aujourd’hui, il pilote 2 projets dans la section Digitale, dont ce projet de refonte du portail de gestion des travaux.

Il y a 2 ans ils ont participé à une formation Scrum. Pendant ces 2 jours, ils ont tout vu, tout essayé, d’ailleurs ils ont tout compris car pour une fois cette formation alternait théorie et pratique. A leur retour, l’équipe décide d’appliquer Scrum, après tout ce n’est pas si compliqué. Comme personne ne veut être Scrum master, ils décident que ce rôle sera tournant. L’équipe commence donc à mettre en place les cérémonies telles qu’elle les a vues en formation. La rétrospective (rétro pour les intimes), ils l’ont essayé avec le format classique : une colonne pour les points positifs, une colonne pour les points négatifs, et une colonne pour les actions.

Très vite, la rétro a été abandonnée, elle ne fonctionnait pas pour plusieurs raisons :

  • En faisant la somme du temps qu’ils passaient en cérémonies Scrum, toujours en groupe, leur manager a eu le vertige. La consigne a été donnée de raccourcir tous ces temps de réunion,
  • Le temps passé à débriefer en fin d’itération ne servait à rien… Evidemment ! « Pendant ce temps-là personne ne code (ou on ne corrige pas de bugs c’est au choix). De toute façon tout le monde est d’accord pour dire que c’est une perte de temps et qu’on s’ennuie.»,
  • De l’avis de tous, les 2 ou 3 rétros qui ont eu lieu n’ont eu aucun effet. En toute logique, la rétrospective ne sert à rien, c’est du superflu et cela fatiguait tout le monde,
  • L’équipe sait très bien ce qui ne va pas ! Pas besoin de se réunir pour se le dire, c’est évident.

Toute l’équipe est ravie de l’Agilité, même leur manager ! Oui mais voilà, l’équipe se pose des questions sur comment donner de la visibilité sur le planning et surtout elle commence à s’user. Elle décide donc de se faire accompagner. Avant de démarrer la mission, nous avons passé 2 jours avec l’équipe pour prendre de la hauteur, et observer 2 ans d’agilité avec un regard tout frais tout neuf. Ces 2 jours se sont finalement transformés en une grande rétrospective, l’occasion pour l’équipe de (re)découvrir le déroulement classique d’une rétro et de réaliser pourquoi elle visait à côté :

  1. Ouvrir/introduire la rétro: l’équipe ne le faisait jamais,
  2. Collecter des données : chacun posait ses post-it à tour de rôle, il n’y avait aucun échange,
  3. **Investiguer un ou plusieurs sujets **: l’équipe n’a jamais vraiment pris le temps d’investiguer les données collectées, ils préféraient tous passer à l’étape suivante !
  4. Décider quoi faire pour la suite : cette phase générait des débats sans fin, des conflits à répétition et marquait les incompréhensions. La toxicité des conversations était nourrie principalement par les certitudes de chacun .
  5. Clôturer/conclure la rétro : plutôt vu comme une délivrance par tous ou un cessez-le-feu. « Si la rétro nous amène à nous monter les uns contre les autres, non merci, c’est démotivant ! »

A la fin de ces 2 jours, je leur ai demandé ce qu’ils souhaitaient faire pour donner de l’élan à leur agilité. Je leur propose d’inscrire leur proposition sur une matrice d’impacts et d’efforts. La rétro apparaît dans le top 3 des actions à plus gros efforts mais à fort impacts !


Figure 1: Matrice d’impacts et efforts pour les actions

Lire le chapitre 1 « La rétrospective chamboule-tout : teaser »

Lire le chapitre 3 « La rétrospective chamboule-tout : Mêmes joueurs, jouent (tous) encore !« 

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